Un roman de François Prunier
Où un narrateur déjanté, un doux dingue, est hanté par la nécessité d’être tenu en laisse par une femme. Il tente de concilier son obsession avec une vie de famille normale
“Dans un monde bien fait (selon moi), ma Maîtresse pourrait prendre le métro en me tenant en laisse. Elle s’assiérait sur un strapontin et je m’agenouillerais près d’elle”
Roman au ton léger et humoristique, qui aborde, sous un angle nouveau, le thème du masochisme masculin
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[tab title=”Fiche”]
- EAN13 : 9782953933062
- Genre : Littérature – Roman
- Editeur : La Margouline 2016
- Pages : 90
- Dimensions : 110 mm * 180 mm (broché)
- Poids : 87 g.
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[tab title=”Extraits”]
Ma laisse est toute simple. Je la voulais ainsi. Sans clous ni chaînes ni autres décorations clinquantes. Je l’ai achetée en grande surface, bien moins cher que chez Démonia, à un prix très en deçà de ceux qui sont pratiqués dans toutes les boutiques gothiques et SM de Paris et du web. Ce n’est pas une question d’argent, même si je ne suis pas riche. Tous les masos ne sont pas des aristos. Je prends le métro chaque matin et chaque soir aux heures de pointe pour aller bosser. C’est une affaire de goût. Bon, c’est sûr, je ne serai jamais indifférent à une jolie fille en cuir, avec des bottes noires et des bracelets de force à ses fins poignets, mais je préfère quand ça fait vrai. Alors un jour, je me suis décidé. C’était un vendredi soir, je faisais mes courses. J’ai fait une halte au rayon des accessoires canins. J’ai tâté les différentes laisses, je les ai discrètement caressées. J’hésitais sur la couleur. Je les aimais toutes. La noire irait bien aux mains d’une brune. La jaune à celles d’une blonde. La rouge serait pour les rousses. Les filles aux cheveux châtains pourraient me tenir avec celle qui était marron. J’étais optimiste. Un brin prétentieux. Je n’avais même plus de Maîtresse depuis plusieurs mois. J’étais le chien perdu sans collier. J’aurais pu en retrouver une facilement, sans vanité : il suffisait d’aller à la Nuit Élastique ou chez Cris et Chuchotements, mais j’en avais assez des soirées habillées (d’ailleurs plutôt déshabillées). Je le répète : j’aime quand ça fait vrai. J’étais à la recherche de quelque chose d’authentique. Ce qui est sans doute totalement contradictoire avec la nature du fantasme. Voilà pourquoi cela m’a valu tous les déboires que je vais raconter dans ce petit livre.
J’ai la peau qui marque vite. C’est à la fois un avantage et un inconvénient. Un avantage parce que les filles s’arrêtent assez rapidement de frapper (pas toujours). Un inconvénient parce ça m’oblige à prendre des précautions pour dissimuler ces bleus lorsque je suis à la maison. Un avantage parce que ça m’excite de voir sur mon corps les traces de coups. Ça me rappelle la raclée que m’a infligée ma partenaire (seule ou avec ses copines). Ça me ramène à mon identité profonde, tout au fond, dans la nuit, dans la fange. Et j’aime ça. Un inconvénient parce que ça me contraint à attendre plus longtemps avant de recommencer. Il faut patienter, jusqu’à ce que la peau reprenne son aspect normal. Bien entendu, d’autres soumis ne lanternent pas pendant cent sept ans. Ils s’en foutent. Ils sont plus cinglés que moi. Peut-être un peu suicidaires. Face à notre triste condition humaine (dans quel état j’erre), on a tous nos petites hystéries plus ou moins contrôlées, maso ou pas. Certains boivent, d’autres se droguent, certains jouent, d’autres escaladent l’Himalaya, pratiquent des sports dangereux, passent leur vie entière au travail, se lancent dans la quête du pouvoir ou de la gloire (des deux à la fois, aussi), s’empiffrent jusqu’à en crever, font des crises d’angoisse, des dépressions nerveuses, se rendent au stade pour s’entretuer, s’hypnotisent avec des religions mensongères, écrivent des livres, lisent des livres et tout et tout. C’est comme ça. Moi, je décharge en me faisant battre par des mains féminines. Merci, docteur Freud. Vous avez fait du bon travail. Très bon observateur. Excellent théoricien. Zola et Dostoïevski avaient tout compris avant vous, mais c’étaient des romanciers et non des docteurs. Le premier a tout exprimé dans La Bête humaine et le second dans Les frères Karamazov, mais il faut savoir déchiffrer. Vous, mon bon vieux Sigmund, vous avez tout clarifié. Chacun son domaine. Eux, c’était l’art. Vous, la science. Vous êtes tous les trois immenses. On aimerait presque que l’humanité ne s’éteigne jamais pour qu’elle puisse se souvenir de vous éternellement, mais faut pas rêver. Et d’ailleurs, ça n’a aucune importance.
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🙂